À Orléans, toutes et tous réunis contre l’extrême droite

par Yann Chaillou | 24 Oct 2026

Ce matin, j'ai fait un choix. Celui de dresser un drapeau dans le vent froid et calme de la cité johannique. Un drapeau français que ni l'extrême droite ni aucun parti ne peut récupérer.

En y organisant son 19e congrès, le RN fait d'Orléans la capitale politique de la France ce week-end. Et si c'est bien son droit que de se rassembler, puisque personne n'a procédé à sa dissolution dans le passé, lorsque son antisémitisme, son racisme et son opposition aux valeurs républicaines étaient ouvertement assumés, ce parti ne peut feindre la surprise qu'une grande manifestation contre l'extrême droite s'organise sur son passage. Le RN, rien que par la numérotation de ce rassemblement à Orléans, revendique une continuité avec son histoire. Alors, il est bon de rappeler que le 1er congrès du FN, en 1973, voyait l'élection de Pierre Bousquet, ancien soldat de la Waffen-SS, à son bureau politique, aux côtés de Jean-Marie Le Pen.

Je suis allé à la contre manifestation parce que je connais cette histoire et que je considère que le RN n'a fait qu'un ripolinage de sa vitrine. Je suis aussi allé à la manifestation parce que la lutte contre l'extrême droite n'est pas réservée à certains partis. Elle dépend de chaque citoyenne et de chaque citoyen qui a les valeurs républicaines de liberté, d'égalité et de fraternité chevillées au corps.

J'y suis aussi allé parce que manifester pacifiquement est un droit fondamental dans notre République. Cette manifestation était déclarée et encadrée par des organisations syndicales pleinement mobilisées pour assurer son bon déroulement et des forces de l'ordre présentes pour garantir l'exercice de cette liberté. Et je tiens à saluer leur engagement.

Bien sûr, comme les élus, les commerçants et tous les habitants d'Orléans, je crains des affrontements et des débordements. Depuis plusieurs jours, les inquiétudes se concentrent essentiellement sur la présence annoncée de groupes d'ultragauche. Mais n'oublions pas que l'ultradroite peut, elle aussi, chercher la confrontation. La violence n'est le monopole d'aucun camp et il serait bien imprudent de ne regarder le danger que d'un seul côté.

Les violences et le chaos n'ont rien à faire chez nous ! Et ceux qui manifestent pacifiquement pour défendre leurs convictions ne doivent jamais être confondus avec ceux qui viennent pour en découdre.