Pascal Tebibel, directeur de la prospective et des relations publiques d’un grand groupe de BTP, membre du Conseil d’Administration du MEDEF International et candidat aux élections législatives de 2017 dans le Loiret, est intervenu devant le think-tank pour répondre à la question « Être fiers d’Orléans: comment faire rayonner notre ville ? » et exposer sa vision du développement économique de la ville.

Après une brève introduction dans laquelle il a rappelé ce qu’était la prospective – l’anticipation des signaux faibles et des innovations pouvant influencer un secteur d’activité – il a déroulé son intervention autour de 3 axes.

Défendre le tissu économique existant sur le territoire

Il s’agit de faire valoir les pépites industrielles mais également les PME et les artisans déjà implantées sur le territoire. Dior à Saint-Jean-de-Braye ou Duralex à La Chapelle-Saint-Mesmin sont de ces pépites, et ont su par le passé se réinventer. Défendre l’existant c’est aller voir les actionnaires étrangers pour comprendre les stratégies des groupes, c’est confronter les intérêts de l’actionnariat à ceux des citoyens, c’est établir un dialogue plus intime, c’est faire valoir notre savoir-faire car le développement économique n’est pas dissociable du savoir-faire. Ça ne sert à rien d’aller « pleurer » dans les ministères lorsque une usine ferme car c’est déjà trop tard : l’objectif est de déceler très en amont les signaux faibles.

Il s’agit aussi d’aider les entreprises à exporter. Il y a une grande solitude des patrons face à cet enjeu alors que le Loiret est la première zone d’exportation dans la région Centre-Val de Loire et que nous avons un grand pôle cosmétique et pharmaceutique ainsi que la troisième plateforme logistique de France.

Attirer de nouvelles activités

L’attraction de nouvelles entreprises est multi-factorielle :

  • L’aménagement du territoire et les infrastructures ;
  • L’accessibilité et tout ce qui peut favoriser la mobilité ;
  • Les commerces pour favoriser un environnement vivant et dynamique ;
  • Le bien être qui passe par la santé, l’éducation, la culture, etc.
  • L’esthétique (ce qui est beau fait venir des gens à Orléans).

Sur la question particulière des commerces, il faut un vrai manager de centre-ville qui soit un intermédiaire entre les élus, les commerces et les différents acteurs.

L’un des enjeux importants est aussi de garder les jeunes dans Orléans. En cela, le devenir du quartier Porte Madeleine est un sujet majeur. Faire venir des étudiants en centre-ville c’est créer un flux de circulation qui entraînera d’autres flux naturels dans le quartier.

Faire rayonner à l’international

De manière générale il convient de travailler sur l’identité et la notoriété orléanaise : « Les chiens d’Orléans » est une expression encore très/trop répandue, et notamment véhiculée par des Orléanais eux-mêmes. Il faut pouvoir fédérer les têtes de ponts qu’il y a à Paris pour réussir à influencer leurs choix. Nous devons donc avoir de vrais ambassadeurs du territoire.

Le tourisme est un moyen de développement très rapide de l’économie. En la matière le marketing territorial n’est pas le seul outil. Il faut travailler sur nos singularités et sur ce qui fait la fierté d’Orléans. Notre histoire horticole est un exemple. Le tourisme se développe dès l’arrivée à l’aéroport ou à la gare. C’est aujourd’hui un point faible à Orléans.

Questions-réponses

Suite à son intervention, Pascal s’est prêté à un jeu de questions-réponses avec les participants :

  • Sur le paradoxe entre l’implantation de grands groupes et de petits commerces.
    Il faut une approche globale, les grands groupes sont des locomotives pour l’économie. Il ne faut pas que des grandes entreprises mais aussi des moyennes et des petites. De même il ne faut pas que des entreprises étrangères sinon c’est trop fragile. Un bon tissu économique ne doit pas être centré sur un seul secteur d’activité et une seule strate d’entreprise.
  • Sur ce qu’il manque à Orléans pour développer le tourisme. Orléans est la porte d’entrée de la Loire alors que Blois est la force centrifuge pour les visites des châteaux du val de Loire.
    L’objectif est de « garder le touriste », d’augmenter les nuités. Aujourd’hui le touriste s’ennuie car il y a un manque d’activités, d’événements, notamment le soir, et notamment en bord de Loire (hors période de mai à octobre). L’auberge de jeunesse est à stabiliser pour devenir un point de repère, tout comme l’office de tourisme.
  • Sur la Recherche et la nécessité de mettre en valeur le patrimoine scientifique et culturel.
    L’idée de pédagogie renversée et d’ateliers de découverte dans les écoles est une bonne idée. Plus globalement il faut revaloriser et promouvoir le BRGM et les autres unités de Recherche présentes à La Source et favoriser leur interaction avec le tissu économique. Le développement économique contient aussi un enjeu de formation.

Rejoignez-nous !