Alors qu’aujourd’hui nous fêtons les 60 ans de notre Constitution, je souhaite mettre la lumière sur un film que je suis allé voir en amoureux fidèle de la première révolution française avant-hier : Un Peuple et son Roi.

En regardant ce film à travers le prisme de cet anniversaire, il me rappelle que si la cinquième République n’est pas encore la plus longue de notre Histoire, et encore moins le régime politique le plus long, notre texte fondamental actuel s’inspire néanmoins encore beaucoup de la période révolutionnaire. Tout simplement parce que la République est née pendant la révolution.

Alors oui, notre Constitution mérite d’être réécrite, d’être révisée, pour moderniser les institutions. Je note évidemment les avancées voulues par l’actuelle majorité présidentielle : les députés souhaitent par exemple effacer du texte fondamental le mot « race » et y inscrire la notion d’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que la préservation de l’environnement et de la biodiversité. Je crois, comme il y a 5 ans, qu’il est aussi nécessaire de trouver de nouveaux outils constitutionnels pour améliorer la séparation des pouvoirs, pour rendre le Parlement plus efficace et plus représentatif.

Le film Un Peuple et son Roi retrace les débuts de ce Parlement naissant, de l’Assemblée nationale constituante à la Convention nationale, avec de magnifiques interprétations – à mon goût – d’interventions de Robespierre, par Louis Garrel, et de Marat, par Denis Lavant. Je regrette néanmoins qu’un plus grand travail de mise en scène des luttes de pouvoir entre Montagnards et Girondins, et du rôle de la Plaine pour les départager, n’ait pas eu lieu. On ne ressent pas toujours, on ne saisit pas assez, les enjeux des débats parlementaires. Par ailleurs, si le réalisateur Pierre Schoeller nous permet de retrouver délicieusement Olivier Gourmet dans un rôle moins protocolaire que dans l’Exercice de l’État, il dévoile une vision un peu étriquée du rôle du peuple dans la révolution. Certes le rôle des femmes y est bien représenté, et cela change, mais le rôle de la bourgeoisie, celui du clergé, sont par exemple des éléments que le réalisateur omet d’aborder, préférant alors enjoliver ses personnages en atténuant la diversité du peuple.

Sur la forme le film offre de très belles couleurs, toujours soignées et précieuses, un peu à l’antipode de ce que l’on peut imaginer d’une période révolutionnaire, mais ancrant assez efficacement l’idée qu’un espoir est né. Quant aux titres avant chaque tableau, instituant l’idée de fresque historique, ils semblent être en trop et n’apportent rien au montage.

Voir la fiche du film sur allocine.fr