Hélène,
Tu nous quittes au moment où nous perdons pied, au moment où ceux qui tentent de déstabiliser l’ordre démocratique sont en embuscade, où les valeurs que nous avons chéries sont menacées.
Tu nous quittes subitement et nous sommes pris d’une tristesse dont nous ne pouvons pas t’en vouloir.
Nous sommes tristes de perdre une telle voix, une voix qui portait haut les valeurs de progrès, une voix qui ne calculait pas, qui passionnait.
Je me souviens comme si c’était hier des interventions que tu offrais à l’issue des ciné-débats que j’avais organisés dans les centres sociaux d’Orléans en 2019, en amont du concours Tous Orléans, tous éloquents tenu lors du festival Cannes 1939 à Orléans. Tu savais capter comme nul autre les petits et les grands, leur raconter l’Histoire : celle de la Shoah, celle de ton père. Notre Histoire. Ta présence rimait véritablement avec « transmettre ». C’était, de toute manière, ta vie, ta raison d’être.
En nous quittant, j’ose dire que ta voix ne s’est pas éteinte car nous sommes nombreux à vouloir continuer justement de la transmettre. Et nous le ferons.
Il y a quelques jours, aux Halles, nous nous sommes croisés et tu m’as remercié de défendre à nouveau dans le débat public un Musée Jean Zay. Je m’inspirerai de ton opiniâtreté pour en voir la création.
Tu vas terriblement nous manquer.
Mais tant que nous transmettrons, tu seras encore là.